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Il y a ceux qui s'imaginent un destin...
Il y a ceux qui se construisent un avenir :
PLACE AU PEUPLE !
Le blog d'André CASTELLI Conseiller Général- Vice-Président du Département de Vaucluse- Conseiller Municipal d'Avignon.
Pour l’Europe de la concurrence libre, ce n’est pas le soldat grec qu’il s’agit de sauver, c’est le taux de profit.
Par Maurice Ulrich
Le peuple grec se lève. Il en appelle à la solidarité à laquelle répond notre journal dont la une était présente hier dans les manifestations. C’est le début d’une grande guerre, disait hier une manifestante, citée par l’AFP. Cette guerre, ce sont les marchés et les banques qui l’ont déclarée. Il s’agit désormais de résistance, et pas seulement en Grèce. L’Espagne, titrait hier le quotidien économique les Échos, « fait plonger les marchés » Non, ce sont les marchés qui vont peut-être faire plonger l’Espagne, le Portugal. On comprend la hâte de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement à conduire leur réforme des retraites. De la concertation, le temps de la réflexion ? Allons donc, la réforme est dans les cartons. Elle est ce que demandent les marchés. Le pouvoir veut leur livrer l’un des piliers majeurs de notre modèle social.
Il en est aujourd’hui qui appellent à une union politique de l’Europe, sans laquelle, disent-ils, il n’est point de salut. Mais pour faire quelle politique ? Ce qui apparaît aujourd’hui c’est la nocivité, pour les peuples, de l’Europe libérale. Dans la course de la concurrence libre et non faussée, les pays les plus pauvres ne pouvaient faire jeu égal avec les plus riches que par le dumping social. Les plus riches ne pouvaient y répondre qu’en se plaçant sur le même terrain. Ce que dit aujourd’hui l’Europe à la Grèce, comme elle va le dire demain à l’Espagne et au Portugal, c’est qu’elle n’a d’autre chance de se maintenir dans l’Europe libérale qu’en mettant en pièces les salaires, les retraites, les services publics. Mais qui peut croire alors que demain, après-demain, les nôtres résisteront ?
Christine Lagarde sera « vigilante » à l’égard de la Grèce. C’est ce qu’elle a dit à la tribune de l’Assemblée. Mais c’est la même Christine Lagarde qui écartait il y a quelques mois tout regard de la puissance publique dans les stratégies des banques renflouées par l’argent public. Il ne fallait pas, disait-elle en substance, leur donner le sentiment qu’on se défiait d’elles ! Ben voyons. C’est un régime de haute surveillance pour les peuples. C’est la totale liberté pour les prédateurs à qui l’on a consenti des prêts à 1 % pour qu’ils prêtent à leur tour a des taux allant jusqu’à 18 %. Ce n’était pas de la complaisance. Encore moins de l’inconséquence. C’était le moyen de restaurer de hauts taux de rentabilité. Ce n’est pas le soldat grec qu’il s’agit de sauver, c’est le taux de profit.
Ce qui se passe en Grèce n’est pas un accident, quand bien même on incrimine, non sans raison, les politiques de ses dirigeants, dont il faut rappeler toutefois qu’ils ont été encouragés et couverts par ceux-là mêmes qui veulent aujourd’hui la peau de la Grèce pour s’en faire une toison d’or. C’est la première des grandes crises que nous promet l’Europe du capital et c’est cette Europe qu’il faut changer, pour une Europe de la coopération, pour un autre rôle de la BCE, pour prêter, tout de suite, à un pour cent à la Grèce, comme le demande la pétition que nous avons lancée et qui connaît un large écho qu’il faut amplifier. Le travailleur libre qui se rend au marché libre pour y vendre sa peau, disait Marx, « doit s’attendre à être tanné » Cela vaut pour les peuples au grand marché concurrentiel de l’Europe libérale. Oui, il nous faut maintenant entrer en résistance, agir pour une autre Europe, en appeler aux peuples.
«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» (Jean Jaurès)
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