Le blog de André CASTELLI
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La loi SRU qui oblige notamment les Maires à construire 20 % de logements sociaux sur chaque commune de plus de 3.500 habitants.
2/ Le dernier rapport « sur le mal logement » de l’Abbé Pierre dans lequel il y a 4 grands piliers qui déclinent de propositions.
3/ La loi sur « Le droit au logement opposable » devient une réalité sociale. Cette idée est portée par les « Enfants de Don Quichotte » mais elle ne va pas au bout de ce que devrait être le vrai droit opposable.
4/ L’immensité de la demande de logement et les difficultés liées au mal logement.
Premier intervenant, Pierre Bonnefille de
la Fondation Abbé Pierre de Vaucluse fait l’état du mal logement en France et en Vaucluse. « 3 millions de personnes vivent dans des logements précaires, insalubres, dans des abris ou
même dans leur voiture et le Vaucluse n’est pas épargné ». La Fondation a déclaré « la guerre contre la précarité, et pour la gagner il
faut construire chaque année 360.000 appartements ».
Il explique le but de l’opération « SOS TAUDIS » (regroupant des Associations comme « Diagonale »,
« Solidarité ») qui permet à des personnes mal logées par des marchands de sommeil de « saisir
la Fondation Abbé Pierre. Dix dossiers dans le Vaucluse sont en cours de traitement ».
Il faut également savoir qu’il n’y a que 8 à 10 % de rotation dans les parcs des HLM publics du Département, et que les bailleurs sociaux « ne devraient pas relouer des appartements devenus vacants parce qu’ils étaient insalubres, sans les avoir remis en état ».
Jean claude Gayssot, Ministre des transports, de l’équipement et du logement sous le gouvernement Jospin rappelle que « la première chose que la droite a fait dès son arrivée au pouvoir en 2002, c’est de remettre en cause l’obligation de construire 20% de logements sociaux ». Il a fallu la mobilisation de l’Abbé Pierre pour « freiner la droite dans sa volonté de casser la loi ». Se félicitant de « l’instauration d’un droit opposable qui est une avancée considérable, celui-ci restera sans lendemain si on ne construit pas des logements là où il n’y en a pas comme à Neuilly où le taux de logement est de 2,3% ! ». Si on appliquait dans son intégralité la loi, « nous serions en mesure de résoudre la crise du logement ». Jean Claude Gayssot plaide pour « le renforcement des pénalités et des pouvoirs octroyés aux Préfets pour faire respecter cette loi » Si cela s’avère insuffisant il ne faut pas exclure « de rendre inéligible les maires qui ne la respectent pas».
Représentant la 1er organisation des habitants de notre pays, Jean Pierre GIACCOMO, président de
la Confédération Nationale du Logement estime que « si le constat de la crise est partagé par tous, il en est autrement en ce qui concerne les causes et les
solutions ». Le logement est devenu un enjeu spéculatif d’un niveau rarement atteint. « Les banques gagnent une fortune sur le logement mais dans le même temps le logement est
la dépense principale pour les familles. Les loyers ont augmenté de 25% depuis 2002 mais cette augmentation est à mettre en rapport avec l’augmentation des salaires et des retraites ».
En outre, « les aides de l’Etat sont de 500 millions pour les HLM et plus de 1 milliard pour le privé ». Considérant que le logement doit devenir « la priorité
des politiques publiques, il soumet à la réflexion 4 propositions » : geler les loyers, augmenter de 20% les aides personnelles, construire massivement des logements sociaux, arrêter
les expulsions et les saisies.
Guy Fajon, Président de la FNAIM estime « qu’à la crise du logement social s’ajoute la crise du logement
intermédiaire ». Partageant l’esprit de
la loi SRU, il considère cependant que « celle-ci est extrêmement difficile à mettre en œuvre en raison du nombre important d’acteurs et de dispositifs qui s’empilent les uns
sur les autres ». « La chaine décisionnelle est trop longue ce qui inévitablement augmente les délais de mise en œuvre ». Il regrette à ce sujet
la « suppression des ministres du plan que chaque acteur devait respecter ». Le problème crucial est celui du foncier. « Il y a quelques années, le coût du terrain
représentait 1/3 de la construction, aujourd’hui le terrain représente en moyenne la moitie de la construction ». D’autre part, « il est urgent de créer du terrain à
bâtir pour enrayer la spéculation foncière. Pourra-t-on le faire avec des PPRI (plan de prévention des risques inondations) qui restreignent le nombre de terrains à bâtir ? C’est un problème
crucial qui implique des réponses législatives ». Il invite également l’ensemble des acteurs « à construire en utilisant des matériaux renouvelables ». En conclusion
Guy Fajon « estime que dans notre pays on doit beaucoup plus être à l’écoute des syndicats ouvriers et
professionnels ».
Jean Thomas Laurent, Président de l’Office HLM de Bobigny rappelle que « le logement est une des deux priorités des gens ». Le logement est une priorité politique et non technique. La crise est d’une certaine façon identique à celle de 54 à la différence que la France est bien plus riche qu’en 54, 60 à 70% des personnes peuvent prétendre au logement social. On ne peut laisser le marché décider seul, raison pour laquelle il plaide pour la création d’un service public du logement et fait des propositions en ce sens.
- Il faut construire 120 000 logements sociaux par an
- Le cout du logement, charge comprise ne devrait pas dépasser 20% des revenus
-
Faire respecter
la loi SRU - Plan d’urgence pour les personnes sans logis
- Mettre en place des politiques de renouvellement urbain en lien avec les habitants. La ville doit pouvoir en permanence se construire sur elle-même.
- Instaurer un véritable droit opposable
- Porter le budget Etat de logement à 2% du PIB
- Foncier : déconnecter le sol de la propriété afin de ne pas pénaliser les OPHLM
Dans le debat, plusieurs intervenants ont rappelé la gravité de la crise et ont dénoncé comme l’a fait Maïté Navarro Conseillère Municipale l’attitude et les choix de la municipalité d’Avignon et de certains élus locaux. L’association Don Quichotte représentée par Martine Gras dénonce l’attitude du Préfet qui ne répond pas pour le moment à leur demande d’entrevue. Elle informe les participants qu’une manifestation est organisée le Samedi 17 Mars à 15 Heures, place de l’Horloge. Le Président de la Caisse d’allocations familiales du Vaucluse, Monsieur Raymond Palleiro a rappelé le rôle d’accompagnement de la Caisse d’Allocations Familiales auprès des allocataires tout en précisant qu’elle n’a aucun pouvoir, ni responsabilité dans la construction de logement sociaux. Michel Mus de la CNL invite les présents à s’associer au rassemblement le jeudi 15 mars contre les expulsions.
André Castelli clôtura en remerciant à nouveau les
participants, la Ville d’Avignon ainsi que le Centre Social la Fenêtre dont le rôle est majeur dans la vie du quartier Saint Chamand, pour le prêt de
la salle. La soirée s’est terminée autour du verre de l’amitié en dégustant les vins de la cave des vignerons de Morières les Avignon.