Le blog de André CASTELLI

img5957.jpgimg5958.jpgimg5961.jpg

Animateur du débat, André Castelli présente tour à tour les différents intervenants : Madame NIANG, Présidente de l’Association des paralysés de France en Vaucluse, Madame Michèle DEMESSINE, sénatrice communiste, ancienne ministre du tourisme, Madame et Monsieur GAILLANNE de l’association MIRA EUROPE. 

En introduction, André Castelli revient sur les raisons qui l’on conduit à prendre cette initiative. Après le débat sur la prévention de la délinquance et le logement, la question du handicap devait être traitée au regard des difficultés que rencontrent les personnes handicapées en terme d’emploi, d’accessibilité et de reconnaissance de leurs droits. Un débat qui doit contribuer à modifier le regard que porte la société sur le handicap.  En charge des politiques sociales et donc du handicap, je mesure l’urgence qu’il y a à apporter des réponses adaptées à chaque situation d’autant plus que depuis la loi de février 2005, le Département est le pilote de la politique sur le handicap. Revenant sur l’espoir suscité par la loi pour les personnes handicapées, Madame Niang souligne l’insuffisance des moyens humains et financiers pour la maison départementale des handicapés (MDPH). Ainsi, le nombre important de dossiers non traités porte un préjudice certain aux handicapés. 

Pour Madame Michele Demessine, s’il n’y a rien à dire sur les énoncés et objectifs de la loi, celle-ci est loin de répondre en totalité à l’ensemble des préoccupations des handicapés. Ainsi, si la nouvelle prestation de compensation pour l’autonomie est une petite avancée, son application dépendra de la bonne volonté des départements. Le handicap relève toujours de la solidarité nationale, ce qui signifie que le financement doit rester du ressort de l’état. Or, le rôle nouveau joué par les Conseils Généraux risque d’aggraver, en fonction des choix qu’ils feront, les inégalités de traitement entre les personnes handicapées.  Idem pour la scolarisation des enfants handicapés. Si le droit d’inscrire son enfant en situation de handicap dans sa commune est reconnu, il doit s’accompagner de moyens humains, d’une formation spécifique des enseignants et d’une politique de sensibilisation de l’ensemble des parents sur le handicap.  Autre exemple, l’emploi. L’obligation d’avoir 6% de travailleurs handicapés dans le privé comme dans les services publics est réaffirmée mais les pénalités en cas de non respect de la loi ne sont pas assez dissuasives. 

En conclusion, elle insiste sur la nécessité pour les élu(e)s de faire preuve de beaucoup de volontarisme si l’on veut vraiment répondre aux préoccupations des personnes handicapées et de leur entourage. Tour à tour, Frederic et Odile Gaillanne présentent leur association de chiens guides pour les enfants aveugles. Pour eux, la question de la scolarisation dès le plus jeune âge des enfants handicapés est primordiale car elle contribue d’une part à l’éducation des enfants au même titre que les autres et d’autre part, la présence de ces enfants à l’école modifie le regard des autres sur le handicap. C’est la méconnaissance qui nourrit les peurs et parfois l’indifférence. Odile Gaillanne indique que les postes de travail dans les entreprises, sont plus ou moins adaptés aux handicaps des personnes. 

Les 70 personnes présentes ont ensuite pris une part active au débat. Frederic Meyer, Conseiller régional communiste intervient sur l’engagement de la région en matière d’accessibilité des gares ferroviaires. Notre volonté se heurte néanmoins au coût de l’aménagement des lieux publics et l’insuffisance des moyens financiers. Dans ce domaine comme dans d’autres, l’Etat se désengage sans contre partie financière. En réponse, une personne estime que cet argument ne doit pas masquer l’insuffisance de prise en compte de ces questions par les collectivités territoriales. Le handicap ne doit plus être traité en dernier après les autres. 

Un participant regrette l’absence et l’anticipation des pouvoirs publics pour l’aménagement des bâtiments qui accueillent des salariés et du public handicapés. A ce sujet, Michele Demessine estime que les membres des commissions sécurité doivent être vigilants et intervenir chaque fois que cela leur parait nécessaire. L’inégalité de traitement des différents handicaps est abordée. Une personne estime que les handicapés psychiques souffrent d’une profonde injustice dans le regard que porte la société sur leur handicap. Une salariée d’une MAS insiste elle aussi sur l’engagement et le dévouement des personnels malgré l’insuffisance de personnel dans les établissements. A ce sujet, une syndicaliste CGT explique les difficultés de fonctionnement de la MDPH. Si l’idée d’un regroupement des moyens est intéressante, la multiplicité des statuts ne facilite pas le travail des personnels. Un enseignant fait part de son expérience et des difficultés rencontrées par les jeunes enseignants qui n’ont aucune formation spécifique et qui doivent faire avec les moyens du bord. Un représentant d’association se félicite de la mise en place par Madame Demessine,  lorsqu’elle était ministre, du label Tourisme handicap car la reconnaissance de ce droit aux vacances est également un formidable facteur de développement économique. 

Madame Niang considère qu’il faut éviter de sectoriser le handicap. Le plus important c’est de voir l’être humain avant la personne handicapée et de vivre ensemble malgré nos différences. 

Sont intervenus dans la discussion les représentants de l’UNAFAM (sur le handicap psychique),  Association SURDI 84, des parents d’enfants handicapés, l’Association MIRA EUROPE, la FNATH, un enseignant et des personnes qui participent depuis ces dernières années aux réunions du Conseil Cantonal. 

En conclusion,
André Castelli invite les associations à user de leur rôle et de leur capacité à mobiliser pour se faire entendre. Leur mobilisation est indispensable pour faire avancer les droits des handicapés. L’urgence de réponse et l’insuffisance des moyens doit être la préoccupation de tous. On touche là à une question cruciale, celle des choix en terme de financement et la nécessité de construire une politique fiscale juste, solidaire. 

Jeu 24 mai 2007 Aucun commentaire