Le blog de André CASTELLI

Tout d’abord un petit billet d’humeur

Une nouvelle fois, les avignonnaises et avignonnais doivent se demander  à quoi sert un conseil municipal ? Le public présent à chaque séance, qu’il soit acquis à la majorité ou à l’opposition, doit aussi se poser cette question.  De son côté la presse ne semble être intéressée que par la perspective à un moment où à un autre, d’une joute verbale sans intérêt municipal mais faisant dans le spectacle pagnolesque.

Celles et ceux qui attendent du débat municipal un moment de confrontation d’idées cohérentes, même si elles sont contradictoires et opposées, sur des perspectives  ou des projets, devront attendre : ce n’est toujours pas à l’ordre du jour. Cette cacophonie municipale qui remplace de manière organisée la démocratie citoyenne est devenue une manière de faire de Mme le Maire et sa majorité, esquivant ainsi les questions que l’opposition doit légitimement poser.

En clair : il se joue dans le conseil une partie loin de l’intérêt général. Il y a bien des messages qui sont envoyés mais seuls, semble-t-il, quelques protagonistes, en possèdent les clés.

Jusqu’où ce déni de démocratie va-t-il aller ? Jusqu’où ces séances inutiles vont-elles entraîner la ville ?

Loin du tumulte et des provocations, notre groupe est intervenu sur un certain nombre de délibérations. 

Les délibérations

Délibération N°3 : Prévention de la Délinquance

Cette délibération est en fait la convention que la ville a enfin daigné passer avec l’association pour financer les postes d’éducateurs –médiateurs de rue accompagnant les personnes sans domicile. Enfin parce que la ville s’y était opposée et il aura fallu la mobilisation associative et politique pour obtenir le retour de ce financement.

Nous avons noté tout d’abord que nous voterons  cette délibération. Nous ne partageons pas toutefois le fait que cette convention soit inscrite dans un programme de lutte contre la délinquance. Les SDF sont avant soit des « usagers de la rue » dans la tradition des chemineaux ouvriers, soit des victimes d’un système qui fait crise, précarise et jette les hommes et les femmes dans la rue. L’assimilation SDF et délinquants n’est pas acceptable.

Ensuite nous avons noté que la convention est diminuée de 13000€ alors que l’association fait des demandes de négociations  depuis des mois.

Enfin, nous avons fait savoir qu’une circulaire du ministère du logement du mois de mars 2009 invitait les villes à financer les projets de médiateurs de rue pour des populations très précarisées. Ce genre de circulaire semble ne pas arriver jusqu’à Avignon !!!!

Délibération N°6 : Création d’une  commission extra municipale chargée du commerce

Pas d’affolement : la majorité ne se lance pas dans une reconquête de la démocratie communale. Après avoir fait passer son « Manager du Commerce », la majorité fait de la mousse de concertation. Pour nous, une véritable commission extra municipale aurait dû  être composée  de la Commission commerce du Conseil, de personnes issues du commerce local, des représentants des comités de quartiers et des élus (majorité et opposition). Cela semble être trop en demander pour Mme le Maire pour qui la démocratie a des limites de grande proximité. Il est donc décidé d’en rester à sa proposition.

Délibération N°9 : Compte administratif 2008

Au nom du Groupe j’ai donné notre analyse sur ce document. 

Le compte administratif ( CA) est le moment où se confrontent dans un même document ce qui a été prévu pour une année et ce qui a été réalisé. On parle donc à ce propos de recettes et de dépenses réelles, à l’inverse du Budget Primitif dont nous rappelons que nous ne l’avons pas voté. Pour nous une première réflexion : ce CA confirme les tendances nouvelles qui nous ont fait voter contre le BP 2009. Nous disions en effet le 6 Février 2009, que le budget  reflétait une marche forcée vers la spéculation financière au détriment du développement humain et solidaire, ainsi que les désengagements de l’Etat, les transferts de charge non compensés, qui pèsent sur les collectivités.

Dans les crédits de fonctionnement  

-          Stagnation qui paraît durable des recettes de fiscalité, phénomène issu de l’accentuation de la paupérisation de la population  fiscalement concernée. Et nous avions noté pour le BP 2009 que cette situation allait en s’accentuant.

-          Diminution très marquée des dotations issues de la Communauté de commune. Ce qui confirme ce que nous avions dit, c'est-à-dire la fin de l’effet d’aubaine pour Avignon face à la « rébellion » des communes de la COGA.

-          Forte compression des dépenses de fonctionnement, limitant les politiques au service des habitants. Par exemple le CA montre clairement les baisses des subventions aux associations

Dans les crédits d’investissement

La majorité par la voix du rapporteur du budget et de Mme le Maire, insistent de plus en plus sur l’objectif de la dette en diffusant un rideau de fumée qui cache une autre réalité : la chute grandissante des travaux d’équipement utiles au développement du territoire, économiquement et socialement. Nous notons d’ailleurs que cette analyse que nous faisons est de plus en plus partagée et perçue comme telle par de nombreux acteurs locaux et de toute appartenance. Il n’a échappé à personne que lorsque la majorité ne fait plus dans le rideau de fumée , elle fait dans l’opération esbroufe de type « pétition pour notre LEO ». Opération signifiant surtout l’incapacité d’une municipalité à faire œuvre d’autorité publique pour un tel dossier, alors que ce sont  ses amis qui gouvernent  et dont l’objectif est de monter une opération Public/Privé, qui vise à faire une voie LEO payante.

« Les dépenses utiles à la population, en équipement, régressent en effet  de prés de 13%. Et nous avons dénoncé de nouveau la pratique qui consiste à inscrire des dépenses prévisionnelles  pour surabonder en recettes nouvelles. Ces dépenses ne sont pas réalisées et  vous accumulez des recettes pour nourrir ensuite les rouages financiers qui jouent contre les besoins sociaux et les populations. Vous pourriez penser que mes propos sont excessifs, sauf que les tableaux  que vous nous présentez, nous donnent raisons.

Premier exemple :

En 2007 la dépense d’équipement s’élevait par habitant à 395,15€

En 2008 cette dépense n’est plus que de 345,08€ par habitant, c'est-à-dire 15% de moins alors que dans le même temps la moyenne nationale dans la même strate de collectivité passait de 346€ en 2007 à 367€ en 2008 par habitant c'est-à-dire 6% de plus.

Deuxième exemple :

En 2007, le ratio entre les dépenses d’équipement et les recettes de fonctionnement s’élevait 22,52% se comparant au ratio national de 23, 50%( écart de 1%)

En 2008 l’écart entre le ratio de la ville et le ratio national passe de 1% à 5%.

On peut continuer, avec un autre exemple, le ratio entre les dépenses de personnel  les dépenses réelles totales restent stables au plan national, il perd prés de 1% pour la ville.

Quelle est la conclusion de ces chiffres et ratios ? Pour nous, ils sont l’évidence que la commune devient de moins en moins une collectivité de service au public et de plus en plus une « entreprise » au service d’une gestion financière pour des intérêts de groupes privés, loin de l’intérêt général.

Ce compte administratif 2008, confirme les erreurs de choix faits depuis plus de 10 ans et l’absence de projets cohérents. Un exemple me direz vous, sur cet amalgame entre erreur de choix et absence de projet ? Je compare le trou du parking Jean Jaurès (nous attendons avec impatience les premiers bilans) dont le coût va peser de plus en plus fort sur les finances de la ville et votre incapacité à faire déboucher le projet de la LEO qui aurait dû être prioritaire et réalisé au lendemain de l’ouverture de la gare TGV.

On pourrait prendre d’autres exemples dans ce registre des comparaisons, entre votre vision de l’utilité du patrimoine disponible (vision uniquement spéculative et à court terme) alors que les besoins sociaux, économiques et solidaires appellent des solutions humaines novatrices pour une urbanité moderne.

Pour finir, je ne peux m’empêcher de donner  deux faits dans notre actualité qui éclairent la réalité de ces résultats budgétaires de 2008.

                1°) La fermeture du centre social de la Barbière. Une structure de proximité ferme par décision du tribunal de commerce pour un déficit de 30 000 €. Personne ne peut être à l’aise dans cette affaire, Je dis bien personne et surtout pas votre majorité. Un scandale de plus à votre passif, un coin de démocratie qui s’envole. Et vous allez nous proposer  dans quelques minutes de débattre sur un engagement financier de dernière minute pour 1 Million d’euros de rénovation du parc des sports pour des besoins et des perspectives incertains. Dans cette ville on ne peut rien pour 30000€ de dépenses sociales, on peut tout et vite pour une dépense qui ne sera même pas sportive.

                2°) L’effondrement du plafond des classes de l’école THIERS. Nous savons maintenant qu’un processus d’alerte avait été lancé par les parents. Là par contre ni précipitation ni financement de dernière minute n’ont marqué votre niveau de responsabilité. Nous reviendrons plus en détail sur cet accident, mais celui-ci nous alerte sur le fait que contrairement aux campagnes médiatiques sur les « grands travaux  des écoles » tout n’a pas été réalisé et on est en droit de s’interroger sur la situation de l’ensemble du parc des écoles.
A suivre......

La revue de presse

CM-du-5-Juin-1.pdf CM-du-5-Juin-1.pdf CM-du-5-juin-2.pdf CM-du-5-juin-2.pdf CM-du-5-juin-3.pdf CM-du-5-juin-3.pdf  CM-du-5-juin-4.pdf CM-du-5-juin-4.pdf CM-du-5-juin-5.pdf CM-du-5-juin-5.pdf

Sam 13 jun 2009 Aucun commentaire