Le blog de André CASTELLI

A la lecture de quelques notes ci-dessous, du rapport 2009 de l'observatoire des ZUS, on est en droit de se poser la question: Les ZUS ne sont elles pas devenues des zones de discriminations sociales, culturelles, d'habitat et de services ?  Ne doit-on pas sortir de l'observation et passer à une véritable phase de décisions ?

En 2008, le taux de chômage en Zus est de 16,9 %, contre 7,7% dans le reste des agglomérations qui abritent ces quartiers.


En 2008, chez les jeunes,le chômage touche surtout les hommes vivant en Zus : 42 % d’entre eux sont au chômage, contre 32 % en 2007.

En moyenne, sur la période 2003-2008, les jeunes actifs de Zus sans diplôme ou ayant un diplôme de niveau inférieur au bac représentent 66,2 % des actifs de Zus.


En 2007, en zones urbaines sensibles (Zus), la part des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté à 60 % (soit 908 euros mensuels) était de 33,1%. Cette même proportion était de 12% dans le reste du territoire, soit 2,8 fois moins élevée qu’en Zus. Cet écart entre les Zus et le reste du territoire s’est en outre creusé depuis 2006.
En 2006-2007, un peu plus de 40 % des moins de 24 ans résidant en Zus vivent en dessous du seuil de pauvreté à 60%. Les écarts entre les Zus et le reste du territoire sont plus marqués pour les moins de 18 ans – et dans une moindre mesure les 18-24 ans – que pour les plus de 65 ans.

Entre 2006 et 2007, le taux de pauvreté (au seuil de 60%) a augmenté de 2,6 points en Zus, alors qu’il stagnait dans le reste du territoire.

En 2008, 86 services de proximité p
our 10 000 habitants en moyenne en Zus contre 139 dans leurs unités urbaines.

En 2007, la densité d’infirmiers par habitant en Zus représente seulement 37 % de celle observée dans leurs unités urbaines.

La sous-représentation des professionnels de santé (hors médecins) en Zus
est particulièrement marquée parmi les femmes, les professionnels exclusivement salariés ou ceux exerçant dans le secteur hospitalier.

RAPPEL

Les zones urbaines sensibles ont été définies dans la loi Pacte de Relance pour la Ville (loi PRV) comme des zones « caractérisées par la présence de grands ensembles ou de quartiers d'habitat dégradé et par un déséquilibre accentué entre l'habitat et l'emploi ». La sélection des ZUS s’est opérée sur des critères qualitatifs (« grands ensembles », « déséquilibre emploi/habitat ») et sur une analyse conjointe des élus et de l’Etat.

Les zones urbaines sensibles sont au nombre de 751 depuis 2000 (dont 34 dans les DOM).

l'Observatoire des ZUS a reçu mission de  «mesurer l’évolution des inégalités sociales et des écarts de développement dans chacune des zones urbaines sensibles […], de mesurer les moyens spécifiques mis en oeuvre et d’en évaluer les effets par rapport aux objectifs [de la loi] ». Il publie chaque année un rapport sur l’évolution des écarts entre les zones urbaines sensibles et le reste de leur agglomération sur la base d’indicateurs spécifiques : chômage, développement économique, réussite scolaire, accès au système de santé, sécurité...


Nous en sommes au 7 ème Rapport d'observation, mais n'est-il pas temps d'arrêter d'observer et de se mettre à décider


Et  le rapport 2009 m'invite à poser cette terrible question: N'est-ce pas des discriminations urbaines que l'on observe si délicatement et si scientifiquement, sans s'interroger sur l'horreur de ce qui est à l'oeuvre depuis prés de 10 ans?
En effet de rapports en rapports,la lente descente au fond du goufre déshumanisé de ces zones nous fait découvrir un peuple de l'abîme que Jack LONDON n'aurait pas renié.

 L'autre question est de savoir s'il y a un seuil à cette horreur urbaine ? L'ignominie du débat honteux mené par Nicoléon Sarkozy et son pantin Besson sur l'identité nationale prend toute sa puissance. Dans des salons feutrés ils papotent autour des feux des amalgames, lancent des affirmations sans fondements cultivées sur le champ de l'ignorance, entretiennent des faux débats pour esquiver les vrais en méprisant la dignité des petites gens. Ces gens du peuple, gens de peu, gens de fierté d'avoir créer des richesse dans le pays, gens qui crient leur douleur de ne pouvoir poursuivre dans cette voie, gens sans voix qui ne comptent pas, gens qui créent notre culture commune et collective, tous ceux-là et nos fréres sont abandonnés sur l'autel du fric.

Tout autant que le besoin d'identité, celui d'être reconnu comme citoyen doit éclater à la figure de ces destructeurs de liens humains et républicains. Ces citoyens vivants dans les quartiers populaires‚ tous les citoyens, sans exclusive, qu’ils soient héritiers de l’immigration ou non ont à disposition la preuve flagrante que les difficultés de leur vie quotidienne ne sont pas le fruit de fantasmes de quelques défaitistes à l’âme sombre, comme semble vouloir l'affirmer MJ Roig, pour Avignon.

Les quartiers, où se nouent encore des solidarités humaines que beaucoup ne soupçonnent pas, portent une balafre profonde et sanguinolente : la politique gouvernementale née du sarkozysme. Les ministres en charge parlent la main sur le cœur des « difficultés sociales », mais tous savent, pourtant, que la loi SRU n’est toujours pas appliquée et que la discrimination envers des territoires entiers se poursuit inexorablement. L’hypocrisie et l’aveuglement n’ont plus de limites et les cris d’alarme de nombreux élus locaux se perdent dans le brouhaha organisé… Si Nicolas Sarkozy avait tiré les leçons des révoltes de 2005, il aurait compris que la jeunesse des quartiers populaires a tellement intégré le modèle républicain qu’elle n’aspire qu’à l’égalité, pleine et entière. Pendant ce temps-là, le pouvoir élyséen n’incarne que la montée des valeurs inégalitaires, scandées sur tous les tons !


Le rappor
t 2009 sur les ZUS est consultable en totalité sur Internet. Ci joint le rapport de synthése Synthese-rapport-ZUS-2009.pdf Synthese-rapport-ZUS-2009.pdf



Sam 5 déc 2009 Aucun commentaire